Summer of love

http___cdn.sheknows.com_articles_2013_10_Mike_SK_About-timeIl était temps

Sur Netflix, le choix des films n’est pas toujours simple. Entre les quelques classiques que l’on hésite à regarder parce qu’ils font plus de deux heures, les tendances qui se ressemblent toutes un peu et les films d’animation qu’on a toujours envie de se remater en cas de coup de blues ou d’envie de « pause » de cerveau, on perd souvent du temps. J’en arrive souvent à regarder un épisode de Chef’s table et basta (ou pasta si vous regardez celui avec Massimo Bottura).

Parfois, il arrive que l’on tombe sur de belles surprises. Vous savez, ces films dont vous n’attendiez rien et qui déclenchent, sans vous prévenir un torrent d’émotions. Il était temps ou About time en VO fait partie de cette catégorie. Sans rien dévoiler de l’intrigue, Tim est un jeune anglais qui se destine au métier d’avocat et vit au sein d’une famille adorable mais atypique. Voire même très atypique puisqu’il apprend le jour de ses 21 ans par son père que les hommes de sa famille ont la faculté de voyager dans le passé. Le personnage principal va se servir de ce pouvoir pour prendre conscience de la véritable valeur du temps et de la meilleure manière d’en profiter.

Le charme indéniable des films britanniques.

L’une des évidences de ce film est que les personnages sont incarnés immédiatement. Une simple description de leur caractère dès les premières minutes du film les rend tout de suite identifiables et intéressants. Les accents des uns et des autres, leurs aspirations et leurs choix sont autant de détails qui instaurent un charme authentique pour toute la durée du film.
Le choix des lieux de l’intrigue est aussi très pertinent. D’abord la maison familiale. Celle-ci se situe au bord de la mer, en Cornouailles. A mi-chemin entre la maison de Bill et Fleur Weasley et une maison de Broadchurch, elle constitue le refuge d’une famille unie et atypique composée des deux parents, de deux enfants, un jeune homme et une jeune femme et de l’oncle du père lunaire qu’ils hébergent depuis un temps indéterminé. Leur vie dans ce havre de paix est décrite comme très ritualisée. Ils vouent par exemple, comme c’est original, un culte à la pause thé qu’ils prennent au bord de l’eau. Cette pause thé est toujours suivie d’un moment ricochet entre père et fils. Il s’agit d’ailleurs d’une relation charnière sur laquelle je reviendrai dans quelques lignes (soyez patients). Cette maison est le théâtre des moments clés de la vie du héros puisqu’il va y connaître successivement ses premiers émois, ses premières soirées ratées et il y célébrera plus tard son mariage.
Difficile de faire plus british qu’une maison au bord de la mer en Cornouailles et pourtant… L’émancipation du héros, jeune adulte qui quitte le domicile familial pour exercer le métier d’avocat se fait à Londres. Londres et ses restos chics à concept, Londres et ses musées, Londres et ses appartements typiques avec leurs chambres surélevées et accolées au salon : rien ne nous est épargné et la capitale britannique est le lieu idéal de la naissance de la romance entre Tim et Mary.

Un casting aux petits oignons

Qui dit comédie romantique, depuis les années 2000, dit 1 fois sur 3 Rachel MacAdams. Elle incarne dans ce film une Mary à la personnalité attachante, fan de Kate Moss et éditrice. Ce n’est pas incompatible apparemment. Comment ne pas être touché par ce personnage quand on aime les bouquins autant que moi. De toute façon, c’est un film pour les amoureux des livres.
Pour incarner Tim, j’ai nommé Domnhall Gleeson, fils de Brendan Gleeson acteur au physique bourru qui a notamment joué dans Gangs of New York, dans Harry Potter et la Coupe de feu et dans Bons baisers de Bruges, est une futur grande figure du cinéma. Dernièrement vous l’avez peut-être vu dans un petit film indé, avec des vaisseaux spatiaux et un générique qui fait tintintintinnnnnnn ou dans un épisode de Black Mirror.
Au casting, je retiens surtout Bill Nighy qui incarne le père de Tim. Son style combine l’élégance anglaise et le détachement ironique perpétuel. La malice de son regard saisit immédiatement le spectateur par les sentiments, en tout cas ce fut le cas pour moi.
Il apporte au film une touche absolument unique et sublime l’autre histoire d’amour du film, celle d’un père et d’un fils liés par un secret fantastique.
Le reste du casting propose un échantillon de personnages attendrissants et toujours justes.

Une relation père-fils teintée de tendresse et de complicité.

Au-delà du secret qu’ils partagent, l’amour entre Tim et son père est absolument fondamental. Toutes les scènes qui les réunissent sont ponctuées de moments doux et toujours très complices. La révélation du secret qui les unit ne fait que resserrer la force de leur lien. En effet, à l’occasion d’un voyage dans le passé il est clairement montré qu’ils ont toujours été complices. Une telle relation pourrait sembler niaise aux yeux des spectateurs habitués à ce que les comédies romantiques n’abordent pas le sujet de la paternité avec autant de détails. Pourtant, à aucun moment je n’ai éprouvé de mièvrerie. Les conversations qu’ils échangent à chaque étape de la vie de Tim sont ciselés et atteignent très vite une dimension sentimentale émouvante. Jusqu’à l’ultime conversation.
Le père joue le rôle de passeur culturel, il n’aspire qu’au bonheur de son fils dans sa quête de vie pleine de sens et d’amour. Toute cette bienveillance a résonné en moi avec force. Loin d’éprouver de la jalousie pour une telle relation, je me suis sentie au contraire très proche de cette configuration. Il m’a été plutôt facile d’analyser mon propre rapport à mon père à travers le prisme de ce film. D’où l’émotion qui a pu en résulter.
Enfin, la dose de fantastique s’avère suffisamment délicate pour ne pas dénaturer le reste de l’histoire. Elle apporte une fraîcheur dans le registre des comédies romantiques sans être au cœur de l’intrigue et surtout vu le dénouement. Evidemment, comme tout traitement cinématographique des voyages dans le temps, il y a certaines incohérences. Celles-ci ne sont pas gênantes et les scénaristes ont pris le parti de restreindre les modalités mêmes du voyage dans le temps pour éviter de dénaturer le propos du film.
Tous ces éléments font de ce film un de mes nouveaux « films doudous« . Il rejoint Orgueil et préjugés et Love actually dans la section très spéciale des films que j’ai envie de revoir à l’occasion d’une crise existentielle comme à l’occasion d’une aprem tranquille d’automne.
Il était temps que ça se renouvelle…

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